112 Les médicaments biosimilaires Un médicament biologique est une substance produite à partir d’une cellule ou d’un organisme vivant ou dérivé de ceux-ci. La production des médicaments biologiques est complexe car elle s’appuie sur des cellules ou des organismes vivants. En raison de la variabilité biologique de ces sources de production, des différences de fabrication sont inévitables et elles peuvent impacter les propriétés cliniques des produits. Un médicament biosimilaire est similaire à un médicament biologique dit de référence ayant déjà reçu une autorisation de mise sur le marché. Tout médicament biologique dont le brevet est tombé dans le domaine public peut être copié. Cette copie est désignée comme biosimilaire. Les produits biosimilaires ne pouvant être strictement identiques au produit de référence, leur emploi ne peut être le même que celui de génériques des médicaments chimiques. Le développement de médicaments issus de la biotechnologie (biomédicaments) est consécutif à l’explosion récente des connaissances en biologie. Ce sont des médicaments particu- lièrement sophistiqués dans leur structure, leur production et leurs modes d’action. Ces spécialités sont développées pour la plupart dans la prévention ou le traitement de maladies et leurs indications sont souvent restreintes et ciblées. Elles représen- tent cependant une part déjà importante et à forte croissance du marché pharmaceutique. Leur coût est bien supérieur à celui des médicaments issus de la synthèse chimique. MISE SUR LE MARCHÉ ET SURVEILLANCE DES MÉDICAMENTS BIOSIMILAIRES L’AMM est délivrée sur la base de données relevant de la qualité, de la sécurité mais aussi de l’efficacité et de la sécurité cliniques : le choix des critères de comparaison est priorisé en fonction de leur capacité à distinguer des différences les plus minimes avec le médicament de référence. La mise sur le marché des médicaments biologiques s’accom- pagne d’un dispositif de surveillance mis en place par le fabri- cant à la demande des autorités de santé et suivant des recommandations adaptées à chaque médicament. Ce dispositif doit comporter les mêmes mesures que pour le médicament biologique de référence, mais aussi la surveillance du profil immunologique du produit biosimilaire. Les médicaments biosimilaires sont en principe autorisés pour traiter les mêmes maladies que le médicament de référence. Si une similarité clinique peut être démontrée entre un médica- ment biologique de référence et son biosimilaire dans une indi- cation considérée comme représentative, l’extrapolation des données d’efficacité et de sécurité à d’autres indications approuvées pour le médicament biologique de référence peut être envisagée sous certaines conditions. Un médicament biosimilaire peut toutefois avoir moins d’indications que le médicament de référence, le plus souvent faute d’études probantes d’efficacité et de sécurité dans l’indication concernée alors que le mécanisme d’action exige que ces études soient fournies. Une fois son AMM obtenue, un médi- cament biosimilaire peut évoluer indépendamment de son médicament de référence. Ainsi la démonstration d’un rapport bénéfice/risque positif dans une indication ou voie d’adminis- tration autre que celle(s) approuvée(s) pour le médicament de référence peut conduire à une modification de ses mentions légales (résumé des caractéristiques du produit (RCP) et notice). INTERCHANGEABILITÉ DES MÉDICAMENTS BIOSIMILAIRES Si le choix entre deux médicaments biologiques (médicament de référence ou médicament biosimilaire) reste libre en l’ab- sence de traitement antérieur identifié, il n’est cependant pas souhaitable, pour des raisons de sécurité et de traçabilité, de modifier la prescription initiale, en remplaçant une spécialité par une autre, sans garantie. Néanmoins, au vu de l’évolution des connaissances et de l’ana- lyse continue des données d’efficacité et de sécurité des médi- caments biosimilaires au sein de l’Union européenne, il ressort qu’une interchangeabilité peut être envisagée au cours du trai- tement à condition de respecter plusieurs conditions :  un patient traité par un médicament biologique doit être informé d’une possible interchangeabilité entre deux médi- caments biologiques (médicament de référence et/ou médi- cament biosimilaire) et donner son accord,  il doit recevoir une surveillance clinique appropriée lors du traitement,  une traçabilité sur les produits concernés doit être assurée. Comme pour tout médicament, il est nécessaire d'assurer une traçabilité continue des produits et des lots des médicaments afin de garantir leur suivi. Cette notion est particulièrement importante pour les produits biologiques en raison de leur plus grande variabilité. Il est ainsi essentiel que différents produits ayant la même dénomination commune internationale ou contenant le même principe actif puissent facilement être iden- tifiés afin de détecter et d’évaluer tout problème de sécurité ou d’immunogénicité potentiellement spécifique au produit. Unequarantainedespécialitésbiosimilairessontautoriséeset/ou commercialisées en Europe. Le profil de qualité, de sécurité et d’efficacité a été considéré pour chacune d’elles comparable à celui des spécialités de référence et il a été conclu que, comme pour les médicaments de référence, le rapport bénéfice/risque de ces spécialités biosimilaires était favorable.